Vous êtes vous déjà dit « Je suis fainéant », « je manque de volonté », « je suis trop autoritaire », ou « je ne sais pas m’affirmer »?
Autant d’exemples de récits qui peuvent façonner votre identité. Une fois une telle affirmation ancrée « grâce » à votre entourage, elle va s’imposer comme une ligne directrice, structurante.
Les histoire liées à cette affirmation expliqueront alors vos comportements, guideront vos actions à venir. Et elles laisseront dans l’ombre les événements rentrant en contradiction avec elle. C’est à dire que vous ne verrez plus les moments où vous n’êtes pas fainéant, ou quand vous faites preuve de la volonté; vous ne voyez plus les situations où vous n’êtes pas autoritaire, ou lorsque vous vous affirmez. Pour sortir de ce cercle vicieux, vous pouvez faire appels aux Pratiques narratives. Celles-ci considèrent que la personne n’est pas le problème, mais qu’elle entretient une relation avec lui. Un postulat simple et libérateur qui permet d’envisager sous des angles complètement inédits les histoires que vous vous racontez à votre propos. Et de sortir d’un enfermement que vous pensiez inéluctable.
Lorsque nous nous répétons à nous-mêmes, “je ne sais pas m’affirmer”, nous nous plaçons dans un rôle de victime. Nous pensons réellement que nous sommes le problème, que ne pas savoir s’affirmer est constitutif de notre personne. Et que nous ne pouvons rien y faire.
Pourtant, il est possible que quelque part, nous ayons envie de savoir nous affirmer.
Pour sortir de cet enfermement que nous avons créé pour nous mêmes, il est possible de considérer le problème comme un élément extérieur à vous. Vous allez personnifier le problème de ne pas savoir s’affirmer, et le détacher de votre personne. Après avoir réalisé une description riche du problème, vous allez le nommer: le problème ne sera plus vous, il aura un nom distinct du votre. Ainsi, le problème personnifié sera détaché de votre personne, et ne deviendra rien de plus qu’un personnage de votre histoire.
Cette dissociation de votre personne et du problème crée une révolution dans votre posture. Vous ne subissez plus. Vous redevenez acteur. Vous vous mettez à lutter contre votre problème. Et vous commencez déjà à redevenir auteur de votre vie.
Dans la réalité, nous sommes tellement pris dans notre problème, qu’il est difficile de parvenir seul(e), à sortir du statut de victime, à décrire son problème, et à l’externaliser de sa personne. Un intervenant extérieur, comme un coach, pourra aider à vous rendre compte que le problème n’est pas vous, et à mettre des mots sur ce que vous ressentez, mais ne parvenez pas à exprimer.
Les Pratiques narratives ont été développées par deux psychologues australiens, Michael White et David Epston dans les années 70, elles partent d’un principe simple. Il n’y a pas de réalité, seulement le récit que l’on s’en fait. Ainsi, notre identité se façonne au travers d’histoires racontées à notre propos par notre entourage, dans un environnement donné. Et nous nous construisons au travers d’une histoire dominante, souvent enfermante. Ce qui entraîne des conséquences : quand nous vivons un événement, nous allons le recruter s’il est conforme à cette histoire, pour alimenter cette dernière. Et laisser dans l’ombre d’autres histoires tout aussi réelles mais rentrant en contradiction avec notre récit dominant.aller chercher les histoires laissées dans l’ombre qui rendent plus fort.
Un accompagnement narratif est un voyage au cours duquel vous allez cheminer autour de différentes « cartes » qui permettent de visiter des lieux inexplorés de votre vie. Et de vous transporter ailleurs que là où vous vous sentez assigné. Il s’agit alors de déconstruire des histoires incapacitantes pour bâtir pièce par pièce un récit ouvrant de nouvelles perspectives. Ceci en externalisant le problème pour mieux étudier l’histoire de la relation qui le lie à vous. En vous reconnectant à ce qui est vraiment important pour vous: vos valeurs, vos forces, vos talents, vos limites, vos peurs. En la reliant à ce que vous avez vécu, aux ressources que vous avez développés, ainsi qu’à votre entourage, à ceux au travers des yeux desquels vous vous sentez plus forte. Autant de chemins à explorer pour ancrer et donner du sens à des histoires préférées, trop longtemps oubliées. Et vous mettre en action de façon alignée.
Instaurer une distance entre le problème et vous, c’est ouvrir un champ de questionnements totalement inédit. Et regarder le problème avec des yeux nouveaux. Pour le déconstruire, vous pourrez étudier de multiples aspects de l’histoire qui vous lie au problème. Posez-vous les questions suivantes, et essayer d’y répondre le mieux que vous pouvez. J’ai indiqué un exemple de réponse, mais c’est votre réponse qui compte.
Continuez à explorer tous les aspects de votre problème à l’aide des questions suivantes. Vous ne pourrez probablement pas répondre à toutes ces questions, commencez par celles qui vous interpellent le plus.
Après avoir déconstruit le problème, vient le temps de l’évaluation de ses effets dans vos différents domaines de vie (personnel, professionnel, familiale, social, couple). Certains effets peuvent vous convenir, d’autres non. Cette évaluation vous permettra de vous mettre en capacité d’agir contre le problème, cet empêcheur d’être vous, sans vous faire violence.
S’ensuivront ainsi des conversations pour identifier des exceptions, des moments où le problème n’était pas présent. Mais c’est une autre histoire !
Ce principe de dissociation du problème et de la personne vous parle ?